Benoît Brière et Josée Deschênes, complices sur scène. (Photo : François Brunelle)
Une performance d'acteur
Oscar, Funès et Brière
Tout le gratin artistique n'avait d'yeux que pour Oscar, la pièce estivale présentée au Théâtre du Vieux-Terrebonne jusqu'au 5 septembre, lors de la première médiatique, le 17 juin.
Dans le foyer du théâtre, comédiens et acteurs, représentants du milieu municipal et d’affaires qui défilaient sur le tapis rouge, avaient le bonheur collé aux lèvres. Entre les robes de soirée et les styles décontractés, les rencontres impromptues et les discussions endiablées, la brochette d’invités lorgnait d’un bon œil cette autre pièce à succès mise en scène au TVT avec, comme tête d'affiche, Benoît Brière.
Cette fois-ci, les attentes portaient sur la comédie Oscar, créée en 1958 par Claude Magnier, dont le rôle principal, à l’époque, avait été confié à Louis de Funès. La version québécoise – la première – s’avérait alors tout un défi pour le directeur artistique de la saison estivale du TVT, Benoît Brière, en plus de jouer dans la pièce, a décidé d'en être le coproducteur (Productions Lelie), ainsi que pour le metteur en scène, Alain Zouvi – une première pour lui également.
Brière à son meilleur
Christian Martin, modeste employé du promoteur Bertrand Barnier, vient surprendre son patron au saut du lit pour lui demander la main de sa fille et lui révéler, en passant, qu'il s'est constitué par avance un pécule de 64 millions de francs en falsifiant des écritures comptables. Au fur et à mesure du déroulement des récits de son employé, Bertrand Barnier doit subir les affres de sa propre fille. Le récit s'entremêle autour d'une valise contenant une liasse de billets correspondant à la somme dérobée, valise sans cesse remplacée par celle d'une baronne. Et Oscar dans tout ça ?
Le regard stupéfait et les rires spontanés des spectateurs ont prouvé, en cette soirée de première, la force incontestable de Benoît Brière pour porter le poids du succès de cette pièce sur ses épaules. Les acrobaties sans retenu et les mimiques successives de Benoît Brière, non sans rappeler Funès, bien qu'en déplaise le principal intéressé, meublent à elles seules le décor blanc et futuriste. Pigmenté de couleurs vives, celui-ci renforce les contrastes entre les différents personnages. La trame de fond, émanant du texte original, renvoie l’image d’une époque révolue, mêlée à l’accent d’outre-mer, mais imprégnée des subtilités théâtrales actuelles.
Au-delà d’une valse d’événements qui s’exposent en longueur, l’excès pourrait se révéler le grand malheur d’Oscar, à travers les déplacements répétitifs et parfois anticipés des acteurs. Par contre, les fourberies de M. Brière, brillamment pondérées entre celles du comique français et celles de son homologue québécois Olivier Guimond, réussissent à convaincre le public, les yeux grands ouverts, de l'intelligence et des habiletés propres au comédien.
Grâce à l'expérience des comédiens qui gravitent autour du personnage principal, joué par Brière, Oscar obtient ses lettres de noblesse. D'abord, il y a la spontanéité de Josée Deschênes (Mme Barnier), le synchronisme de Martin Héroux (Roger, le serviteur), l'extravagance de Stéphane Breton (Philippe, le masseur), le caractère de Gabriel Sabourin (Christian Martin). Il y a également Marie-Ève Beaulieu (Colette, la fille de M. Barnier), Caroline Bouchard (Bernadette, la servante), Danielle Lépine (Charlotte, l'ancienne bonne), Léa Traversy (Jacqueline) et Frédéric Millaire-Zouvi (Oscar, le chauffeur), qui suivent le rythme de Benoît Brière, littéralement, jusqu'à la dernière note.
La pièce Oscar est présentée jusqu'au 5 septembre, à la Salle Desjardins du Théâtre du Vieux-Terrebonne, du mercredi au samedi à 20 h 30 et le samedi 11 juillet à 15 h. Billets en vente au coût de 38 $ l'unité. Pour réservation ou information : 450 492-4777 ou Réseau Admission 514 790-1245. Site Web : theatreduvieuxterrebonne.com.